Étude sur les nouvelles technologies de l'information

1. LE MANDAT

La Chambre économique de l’Ontario a mandaté le Réseau Interaction Network (R.I.N.) et Nadeau, Beaulieu & Associé.e.s (NBA) afin de mesurer l’utilisation des nouvelles technologies de l’information par les entreprises franco-ontariennes.


2. LA MÉTHODOLOGIE

Pour des raisons d’efficiences (listes existantes) et de méthodologie (une définition acceptée de ce qu’est une entreprise franco-ontarienne), l’échantillonnage pour le sondage a été réalisé auprès des membres de la Chambre économique de l’Ontario (CEO). Nous avons procédé par la suite de la façon suivante :

  1. Préparation d’un questionnaire (voir Annexe 1) d’environ 50 questions en collaboration avec des experts des NTIC. Pour des raisons d’efficacité, les questions, sauf rares exceptions, étaient des questions fermées. R.I.N. a validé le questionnaire.

  2. Envoi par télécopieur et courriel du questionnaire à l’ensemble des membres de la CEO et suivi téléphonique pour stimuler la réponse.

  3. Réception du questionnaire dûment rempli et compilation informatique des données. Sorties et validation des réponses. On peut trouver le sommaire des réponses à l’Annexe 2 et le détail de ces réponses (désagrégation socio-démographique à l’Annexe 3).

À la suite de ce premier coup d’oeil, nous avons procédé à un sondage téléphonique auprès des répondants du premier sondage en vue de mieux préciser le niveau d’utilisation des nouvelles technologies et des besoins en ce domaine. Les répondants devaient utiliser les nouvelles technologies pour être échantillonnable.

La sélection a été faite de façon aléatoire et les entrevues ont été réalisées par des intervieweurs d’expérience.

Le questionnaire (Annexe 4) a été préparé selon la même méthode que le premier. Les données ont été saisies par ordinateur et désagrégées selon la même méthode. Au total, le taux de réponse a été de 56,2 %. On peut trouver les résultats à l’Annexe 5.

Même si, au total, une telle approche offre un niveau d’indicateur très fiable, il n’est pas possible d’établir un niveau de confiance étant donné que la sélection préliminaire (premier sondage) n’était pas aléatoire mais plutôt volontaire (en choisissant ou non de répondre au questionnaire écrit). Cependant, il importe de noter qu’un taux de réponse de plus de 10 % (110 répondants sur 1 000 membres), est excellent dans les sondages écrits. La fiabilité du deuxième sondage est toutefois très élevée (niveau de confiance de + ou – 3,1; 19,5 fois sur 20).


3. LES RÉSULTATS

3.1 Utilisation des technologies

Comme le montre le graphique 1, les répondants utilisent certaines technologies plus que d’autre.

Graphique 1

Utilisation des technologies basé sur «souvent».

Question : Utilisez-vous, à titre d’entreprise, les technologies suivantes?


Bref, l’ordinateur et le courriel sont devenus des outils presqu’universels pour les entreprises. Cependant, l’utilisation de l’internet n’atteint encore que 60 % des répondants sur une base régulière (souvent). Tout près de 12 % ne l’utilise jamais.

Les entreprises d’Ottawa-Carleton, les entreprises du secteur de services, les entreprises qui ont un chiffre d’affaires plus élevé et plus de 50 employés utilisent l’internet plus fréquemment. À l’inverse, les entreprises du secteur commercial, de l’est de l’Ontario (sans Ottawa-Carleton) et de moins de 10 employés, l’utilisent moins souvent. 50 % des entreprises qui n’utilisent pas l’internet souhaitent apprendre à l’utiliser.

3.2 Les outils NTIC

En ce domaine aussi, l’utilisation diffère selon les outils, comme le montre le graphique 2.

Les outils sont :

  • site internet de l’entreprise;
  • site ou participe à un site de commerce électronique;
  • participe à un salon virtuel;
  • participe à un mail virtuel.

Graphique 2


Bref, même si 60 % des entreprises répondantes ont un site internet, seulement 21 % des entreprises ont un site e-commerce ou participent à un tel site. 8 % participent à des salons virtuels et 5,5 % ont des mails virtuels. On retrouve sensiblement les mêmes types de désagrégation que précédemment. Les entreprises plus grosses dans le secteur des services et du milieu urbain sont les plus grandes utilisatrices. À l’inverse, les plus petites entreprises à l’extérieur des milieux urbains l’utilisent moins. L’exception à noter toutefois est en ce qui touche le commerce électronique ou les entreprises du secteur secondaire (42 %) et les entreprises de 10 à 50 employés (31 %), sont mieux pourvues.

Notons aussi que :

  • 45 % des entreprises qui n’ont pas de site internet planifie en créer un durant la prochaine année;

  • 27 % des entreprises qui n’ont pas de site e-commerce planifie en créer un durant la prochaine année et l’utilisation de salons et de mails virtuels pourraient doublé en 2000-2001 si les intentions des répondants se réalisent.

Cela s’explique, entre autres, parce que les répondants croient que :

  • leurs ventes augmenteraient si leur entreprise avait un site internet (41 %) et un site de commerce électronique (27 %).

Notons, au passage, qu’un peu plus du tiers des répondants (36,4 %) achètent des produits ou services sur l’internet.

Enfin, 8 % des répondants participeraient (à un coût de 750 $ par année), à un mail virtuel développer par la CEO alors que 30 % ferait la même chose (coût : 50 $ par événement) en ce qui touche un salon virtuel.


3.3 L’expertise

  • 52 % des répondants ont participé, ou fait participer quelqu’un de leur entreprise, à des séminaires d’information sur les NTIC.

  • 65 % ont dans leurs entreprises, une ou plusieurs personnes capable de les appuyer sur le plan technique.

  • 65 % utilisent des services externes.

Cependant, les répondants n’ont généralement pas eu de très bonne expérience avec le programme «Étudiant Bien Branché» lorsqu’il le connaisse et l’utilise.

En fait :

  • 27 % des répondants connaissent le programme;

  • environ le quart d’entre eux l’ont déjà utilisé et moins de 20 % de ceux qui l’ont utilisé ont été satisfaits.


4. LES RÉSULTATS DU SONDAGE APPROFONDI

Pour le deuxième sondage, seul les entreprises qui utilisent les NTIC ont été retenues. L’objectif de ce sondage était de préciser les types d’utilisation et les besoins.

Nous avons regroupé sous forme de graphique, les réponses en trois catégories. En l’occurrence :

  • la recherche

  • la gestion

  • les fonctions stratégiques

La question générique posée était «Utilisez-vous les nouvelles technologies pour la fonction suivante»?


5. LA RECHERCHE

Nous avons regroupé sous ce vocable :

  • l’analyse de marchés;

  • la recherche de programmes gouvernementaux pour appuyer votre entreprise;

  • la surveillance sur les produits/services qui pourraient concurrencer les vôtres;

  • la surveillance de la concurrence.

Graphique 3 - La recherche

«Régulièrement seulement»

Autrement dit, le quart et le tiers des répondants utilisent les NTIC pour les fonctions de recherches citées. Il est vrai, cependant, qu’environ du quart au tiers des répondants disent l’utiliser «parfois» pour ces fonctions. Malgré tout, entre 30 % (programmes gouvernementaux) à 52 % des répondants (surveillance de la concurrence), ne l’utilisent jamais pour ces fonctions.


5.2 La gestion

Nous avons regroupé sous ce vocable :

  • les transactions bancaires

  • la gestion des feuilles de temps

  • la gestion des comptes de dépenses

  • la facturation des clients

  • la coordination des horaires de travail

  • la formation des employés

  • le recrutement

  • la gestion de l’inventaire

  • la gestion du personnel

  • les discussions internes sur l’avenir de l’entreprise

Nous avons aussi, pour le graphique qui suit, retenu uniquement ceux qui diront faire une utilisation régulière.

Graphique 4

Autrement dit, généralement, plus les fonctions sont du type «tâches» (comptes de dépenses, facturation du client, feuille de temps, transactions bancaires), plus elles sont utilisées.

Généralement, plus elles sont stratégiques (coordination des horaires de travail, recrutement, formation, discussions stratégiques internes), moins elles sont employées.


5.3 Les fonctions externes

Nous avons regroupé sous ce vocable :

  • La vente des produits et services

  • La promotion des produits et services

  • La recherche de partenaires/fournisseurs

  • Le concept de produits et services

Graphique 5

Autrement dit, et cela ne surprendra pas ceux qui croient que l’internet est surtout un collage électronique de dépliants de promotion que la promotion des produits et services reçoivent, au total, le score le plus élevé. La vente et la relation partenaire/fournisseur s’approchent du 50 % alors qu’assez surprenamment, la conception de produits et services par NTIC dépassent le 54 %.


6. LA CONCLUSION

Nous pouvons, à partir de ces données, tracer un portrait-robot de l’utilisation de NTIC par les entreprises franco-ontariennes.

En l’occurrence :

  • l’ordinateur est aujourd’hui un outil utilisé presqu’universellement par les répondants;

  • le courriel, que l’on appelle le «killer app» du Web, est tout aussi utilisé. Dans ces deux cas, on approche le 100 % d’utilisation.

  • en ce qui touche des tâches facilement identifiables (transactions bancaires, gestion de feuille de temps), des outils n’exigeant pas d’expertises continues (site Web). Entre 40 % et 70 % des répondants font une utilisation régulière du NTIC.

  • En ce qui touche des fonctions plus stratégiques (vente, formation, partenariat, recherche), entre 25 % et 40 % des entreprises utilisent les NTIC.

  • en ce qui touche des fonctions plus complexes ou nouvelles (mail virtuel, salon virtuel, e-commerce), moins de 25 % des entreprises les utilisent.

Cela s’explique, entre autres, par trois facteurs :

  1. La grosseur de l’entreprise, sa localisation et son secteur d’intervention Généralement, les entreprises dans le secteur des services (aux autres entreprises), en milieu urbain et plus grandes, font une utilisation supérieure. Cela implique que, généralement, les plus petites entreprises en milieu semi-urbain et rural avec un chiffre d’affaires plus petit, ne sont pas à prendre le virage NTIC.

  2. L’expertise disponible

Près du tiers des entreprises répondantes n’ont pas de ressources techniques internes et ne font pas appels à des expertises externes probablement par manque de connaissances.

  1. L’isolement

Étant donné que ce sont de plus petites entreprises qui utilisent moins les NTIC, il est probable que l’isolement du gestionnaire, son âge et son manque de connaissances y est pour beaucoup. C’est probablement aussi pour cela que lorsqu’on utilise, on a tendance à voir les NTIC comme des outils pouvant accomplir des tâches plutôt que des outils stratégiques.

Cependant, le portrait n’est pas totalement noir. Au contraire. Les statistiques des entreprises franco-ontariennes se comparent, parfois favorablement, aux statistiques des PME ailleurs au Canada.

Toutefois, cela ne veut pas dire, qu’en comparaison avec d’autres pays, les États-Unis par exemple, que tout va bien dans le meilleur des mondes.

Et surtout, lorsque l’on compare les TPE au PME, même au sein de l’échantillonnage et lorsque l’on compare les entreprises en milieu rural et semi-urbain, on s’aperçoit qu’il y a un décalage important.

Ce décalage est d’autant plus important que la virtualisation des marchés est déjà bien en marche. Aujourd’hui, amazon.com est déjà un compétiteur pour les librairies de Hearst, Hawkesbury ou Ottawa. Et si ces librairies ou magasins de disques, de vidéos, etc., ne sont pas sur Internet, le danger de disparition gradue avec le temps.


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